« fléau de santé publique », selon la Haute Autorité de Santé (HAS)

 

 

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Publié le 2 juillet 2011 à 16h16

Mieux repérer l'inceste

Les victimes de l'inceste ont souvent des difficultés à livrer leur histoire. En France, deux millions d'adultes auraient subi ce « fléau de santé publique », selon la Haute Autorité de Santé (HAS) qui a donc décidé de publier vendredi des recommandations à l'adresse des médecins et praticiens en lien avec les familles pour les aider à signaler ces cas.

Les médecins seraient, avec la famille, les premiers confidents des victimes de l'inceste
Les médecins seraient, avec la famille, les premiers confidents des victimes de l'inceste DR

Il s'agit d'un grand tabou. L'inceste pourrait toucher deux millions d'adultes en France. Mais seuls 15.000 nouveaux cas de violences sexuelles sur mineur sont constatés chaque année. 90% encore des personnes victimes de l'inceste durant leur enfance ne le signaleraient pas à la justice, et seuls 2 à 3% des cas d'inceste sont signalés par et grâce aux praticiens.

Ainsi la Haute autorité de santé (HAS) a donc décidé de livrer des recommandations à l'adresse des professionnels de santé, d
’autant que le Code de déontologie médicale impose aux médecins de « protéger le mineur et de signaler les sévices dont il est victime ». Dans ce guide de recommandations, la HAS propose une liste des situations qui doivent alerter les médecins. Les idées reçues sur l’origine sociale y sont par exemple écartées, ce type de maltraitance existant dans tous les milieux. Des conseils sont aussi donnés sur le comportement à adopter pour aider le patient à parler. La HAS décrit encore les symptômes pouvant alerter, dont « un mode de fonctionnement familial replié sur lui-même ». Et indique la manière de conduire l’examen physique et psychique de l’enfant présumé en danger. Un formulaire type de signalement est également proposé aux médecins, mis en ligne sur le site de la HAS, et constitue un cadre pour eux. 

Les médecins, premiers confidents 

Selon l'Association internationale des victimes de l'inceste (Aivi), les médecins seraient, avec la famille, les premiers confidents des victimes. Or, une certaine méconnaissance des signes d'appel et des procédures de signalement, l'isolement professionnel et la crainte de poursuites judiciaires (pour dénonciation calomnieuse notamment) peuvent constituer des freins au signalement des médecins.

Cédric Groushka, membre du collège de la HAS, espère voir émerger un plan de lutte gouvernemental contre l'inceste sur mineur. Il espère encore que ce guide permettra d'aboutir enfin à une prise de conscience de la société sur ce tabou, sous-déclaré, et dont les séquelles sur la santé physique peuvent provoquer des troubles du comportement alimentaire, des addictions, des dépressions, des pulsions suicidaires ou encore amoindrir la vie sociale des victimes avec la peur de l'autre et le manque de confiance même envers ses proches parfois.

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